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Besoin d’appartenance et développement de l’identité

Ce week-end, une amie me demandait si je pouvais lui parler un peu plus du besoin d’appartenance – notion qu’elle rencontre dans ses lectures sans bien savoir la définir.

Le besoin d’appartenance, on le sait aujourd’hui, fait partie de nos besoins fondamentaux. Or, plus connaissons nos besoins, plus nous pouvons les combler et renforcer ainsi notre bien-être, notre satisfaction et l’estime de soi nécessaire à notre bonheur.

J’ai donc décidé de vous proposer une série d’articles sur nos besoins fondamentaux, et pourquoi pas commencer par répondre à la question qui m’a été posée !

#Besoins physiologiques et besoins psychologiques

La recherche a montré que nos besoins fondamentaux ne se limitent pas à nos besoins physiologiques (manger, boire, éliminer, dormir…). Un certain nombre de besoins psychologiques sont tout aussi indispensables à notre survie. Il existe de nombreuses théories et catégorisations de ces besoins.

S’agissant du besoin d’appartenance, je me baserai sur la théorie des besoins de Maslow.

les besoins fondamentauxDans sa théorie de la motivation et des besoins, le psychologue Abraham Maslow identifie  que la façon dont nos besoins sont comblés -ou pas-  est à l’origine de notre bien-être ou mal-être, de notre motivation, de notre épanouissement et de notre sentiment d’accomplissement de nous-mêmes :

  • Les besoins physiologiques : manger, boire dormir…
  • Un besoin de protection et de sécurité : abri, ressources, sécurité physique, santé…
  • Le besoin d’intégration sociale : aimer, être aimé, avoir des amis, appartenir à un groupe…
  • Un besoins d’estime : respect de soi et de l’autre, se sentir respecté, reconnaissance, autonomie, avoir des opinions, pouvoir exprimer ses idées…
  • Des Besoins d’accomplissement : apprendre, se former, créer, contribuer, philosopher…

Sa théorie, depuis revisitée, ne suppose pas qu’un besoin doit être satisfait à 100 % avant que le besoin suivant émerge. Cependant plus un besoin fondamental sera assouvi, plus le suivant pourra l’être.

 

#La construction de l’identité

Notre identité n’est pas homogène et les événements, nos interactions, nos activités la modifient quotidiennement. Ainsi, Nous avons tendance à adopter le comportement et les valeurs des personnes qui nous entourent.

Depuis notre naissance, les connaissances qui forgent notre identité trouvent leur source dans notre environnement : ce qui nous entoure (lieux, objets, événements) et – en grande majorité – les échanges avec les personnes qui nous entourent. La famille et les différents milieux sociaux que nous côtoyons (l’école ou le travail, par exemple) nous ont profondément façonnés. Ces interactions ont été sources d’apprentissage sur la façon de nous comporter avec les autres.

La vision que nous nous construisons de nous-mêmes s’est également forgée au contact des autres. Comment savons-nous que nous sommes comme ceci ou comme cela ? Certainement parce que d’autres (à différents moments de notre vie) nous l’on dit.

Chacun de nous s’inscrit donc dans un ensemble social plus vaste qui le définit et qu’il contribue également à définir. Ainsi les autres occupent-ils une grande importance dans le développement de notre identité.

appartenance au monde

 

#Le besoin d’appartenance correspond à la nécessité de se sentir intégré à un groupe social. Il s’agit d’un besoin d’amour et de relation.

L’Homme a besoin de faire partie intégrante de groupes sociaux (famille, nation, religion, clubs, associations, entreprise, commune…) avec lesquels il partage certaines caractéristiques (goûts, activités, idées, opinions, valeurs, convictions, statut social etc.). C’est pour lui un moyen de se sentir accepté, de se reconnaître et d’être reconnu. Un indispensable pour le développement de l’individu.

L’appartenance à un groupe ou à une communauté nous permet d’obtenir de l’affection et de l’amour. Le groupe nous permet également de nous exprimer, d’avoir une place et un rôle, d’être écouté, d’être soutenu. Il nous permet de structurer notre identité et d’affirmer notre propre existence.

Le regard que nous portons sur nous-mêmes correspond à la manière dont nous nous percevons dans différents contextes. Or, nous l’avons vu, la forme que prend ce regard dépend intimement de nos relations avec les autres et de leur jugement à notre égard. C’est à travers ce regard que nous nous évaluons, que nous nous projetons dans l’avenir et que nous forgeons notre estime de soi ainsi que notre confiance en nos capacités.

Ainsi, nous pouvons exister, grâce au regard de l’autre qui nous reconnait comme un pair.

 

#Les risques liés au besoin d’appartenance

Lorsque le besoin d’appartenance n’est pas satisfait, nous pouvons ressentir un besoin d’attachement extrême, générant une perte d’autonomie. Tant que nous ne nous sentons pas intégré au groupe, la peur du rejet et de la solitude prennent le dessus. Nous risquons alors de refouler nos aspirations et convictions pour nous conformer aux normes et aux valeurs du groupe. Le « nous » collectif prend le pas sur le « je » individuel.

besoin d'appartenanceOr lorsqu’une personne ne s’identifie pas vraiment au groupe qu’elle côtoie, elle risque de ressentir un malaise ou de susciter des conflits interpersonnels.

C’est ce qui se produit par exemple lorsque nous nous entêtons à fréquenter des personnes qui ne nous ressemblent pas mais que nous admirons. L’un des dangers est donc de se comparer constamment aux autres. À force d’imiter des modèles, nous nous maintenons dans l’ombre de nous-mêmes.

Nous laissons aux autres (la famille, la société, les médias, notre entreprise, etc.) le soin de décider pour nous. Porte ouverte pour le stress et les émotions négatives. Surconsommation, soumission à des normes déshumanisées, voire finalement acceptation de systèmes psychotoxiques. En un mot, nous risquons le burnout, la dépression ou toute autre expression douloureuse du fait que nous ne nous écoutons plus.

 

A l’inverse, lorsque le besoin d’appartenance est satisfait, il devient possible pour nous de faire émerger une volonté d’affirmer notre singularité et de nous distinguer des autres.

 

Chacun de nous peut appartenir à plusieurs groupes identifiés :

#Le premier groupe d’appartenance : la famille.

  • Dès ses premiers moments de vie, le nourrisson a un besoin instinctif et vital d’appartenir à la famille dans laquelle il naît pour se sentir en sécurité.

appartenance et familleIl se développe grâce aux interactions avec ses parents, par l’imitation directe des comportements pendant sa première année : « Je fais ce que tu fais ».

Il apprend au fil du temps à s’adapter à chacun de ses parents. Ainsi il découvre que ses expériences avec ses pères et mères sont à la fois identiques et différentes :

  • sourire à un adulte déclenche -généralement – un sourire en retour
  • l’intensité de la réaction ne sera pas la même en fonction l’humeur du parent.
  • Le type de réponse pourra diverger selon qu’il interagit avec son père ou avec sa mère)

Notre besoin d’appartenance nous conduit donc à imiter, à nous adapter aux comportements de nos parents, afin qu’ils nous conservent tout leur amour et ne nous rejettent pas.

Par ailleurs, la famille ne se compose pas uniquement de nos parents. Nous portons tous également le poids inconscient de nos ancêtres. Un héritage d’évènements et de réactions à ces évènements, qui se transmettent de génération en génération. «L’amour inconditionnel qu’éprouvent les enfants pour leurs parents repose sur une logique infantile : appartenir à une famille, c’est ressembler à ceux qui la constituent. Ce sentiment les soude à leur famille. Par amour, par loyauté, ils assumeront des charges et des souffrances qui ne sont pas les leurs. » cf Marlies Holitka et Elisabeth Remmert dans “Guérir dans sa famille”.

Les familles ne sont pas toujours parfaites, mais la pression sociale nous pousse à en accepter les inimitiés sans s’éloigner du groupe.

 

  • A l’âge adulte, nous créons notre propre famille

une vie de couple sécurisanteLa vie de couple comble particulièrement bien le besoin d’appartenance et ce besoin d’exister dans le cœur d’une autre personne. Nous portons d’ailleurs une plus grande attention aux personnes que nous aimons. Nous sommes aussi plus sensibles à leurs réactions et nous adaptons notre comportement de manière à ne pas leur déplaire.

Toutes ces précautions visent le même but : ne pas perdre ces relations si importantes ou, en d’autres termes, satisfaire notre besoin d’appartenance.

Lorsqu’on nous rejette ou que quelqu’un met en doute notre valeur, nous souffrons car nous sommes lésés dans ce besoin.

 

# deuxième groupe d’appartenance : le Travail

Dans les pays industrialisés, l’intégration sociale d’un individu passe généralement par l’appartenance à une communauté professionnelle. Une personne sans emploi a bien plus de difficulté à trouver sa place dans la société et à structurer son identité.  Elle peut chercher à se rattacher à une autre communauté qui pourrait expliquer pourquoi elle ne travaille pas (handicap, maladie, famille monoparentale…). De ce fait, le licenciement peut aboutir à une situation d’exclusion sociale.

L’entreprise cependant n’est pas toujours un groupe d’attachement sécurisant.besoin d'appartenance et travail

Un véritable sentiment d’appartenance générateur d’énergie positive repose sur des relations agréables, des intérêts et des objectifs communs. Il peut alors être vecteur de plaisir au travail, de motivation, de sens, de collaboration.

Les jeux de pouvoir, les médisances peuvent nous conduire à des « micro-appartenances » émotionnellement négatives (par rancœur, jalousie etc.). Le travail devient alors une source de négativité et de stress. Notre besoin d’appartenance nous pousse cependant à préférer ce climat délétère à une impossibilité de trouver une place dans l’entreprise. Nous voulons être aimé(s) et appartenir à ce groupe avec lequel nous partageons une grande partie de notre temps. Pour cela, nous nous adaptons, imitons, nous coulons dans le moule.

#les autres cercles d’appartenance : La société, les amis, les loisirs

Le succès des réseaux sociaux, et notamment de Facebook, repose en partie sur le besoin d’appartenir à une communauté, qu’elle soit réelle ou virtuelle.

Au cours de notre existence, notre adhésion à des groupes est très importante pour notre bien-être. Généralement, les personnes que nous fréquentons, particulièrement celles qui sont importantes pour nous, nous ressemblent beaucoup.

Ainsi, nos amis appartiennent probablement à une classe sociale semblable à la vôtre. Ils partagent des valeurs similaires et aiment les mêmes activités. Avec le temps, nous finissons par nous identifier à plusieurs groupes, notre identité évoluant à mesure que nous les fréquentons.

intégration sociale

#Une identité ou plusieurs identités ?

Dans un article sur le burnout dernièrement, j’expliquais qu’il est important de développer plusieurs identités saines :

« L’identité est ce qui nous détermine et nous permet de nous différencier des autres. Or notre équilibre psychique dépend de la force de notre identité.  Si notre seule identité est celle du travail et qu’elle est mise à mal, nous aurons de très fortes chances d’être victime de burnout. Si nous avons pu développer d’autres identités, ces dernières peuvent nous permettre d’être moins affectés. Ainsi, je peux être salariée, ou fonctionnaire et me définir ainsi lorsque l’on me demande de parler de moi. Mais je peux également être maman, chanteuse, sportive, zen, bricoleuse…

Outre un travail sur notre confiance en soi, les hobbies jouent donc un rôle important pour développer de multiples identités saines. Plus nous aurons pu développer d’identités saines différentes, moins nous seront affectés lorsque l’un d’elle est malmenée ».

Il ne s’agit pas ici de développer des troubles dissociatifs ou de personnalité multiple ! Vous l’aurez compris, il s’agit en fait d’enrichir notre identité grâce à nos différents centres d’intérêt, nos différents groupes d’appartenance. Plus nous aurons d’espaces d’existence, plus nous satisferons notre besoin d’appartenance. Ainsi par exemple, si notre lieu de travail, ou notre famille deviennent toxiques, nous pourrons satisfaire notre besoin d’appartenance de manière positive et constructive dans d’autres cercles – amicaux, idéologiques ou bénévoles par exemple…

épanouissement personnel

 

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