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Apprenons à lâcher prise…

Lâcher prise pour changer notre vision du monde…

 

Au commencement de toute « prise » se trouve l’ego, une conviction, un ressenti dont tout découle. Moi, Pierre ou Paul, j’existe indépendamment du tout, séparé, seul face à l’autre, c’est-à-dire tout le reste, tout ce qui n’est pas « moi » et qui, étant « autre », n’obéit pas toujours à ma loi. L’identification à ce très cher moi se paie au prix fort : me ressentant séparé, je vis à la fois dans la peur et dans une illusion de toute-puissance. « Seul contre tous », « Après moi le déluge », telles sont en somme les deux croyances sur lesquelles se dresse l’ego. Lâcher-prise, c’est abandonner une illusion, celle de la séparation. 

Gilles Farcet – écrivain 

 

 « Nous refaisons sans cesse le monde à grands coups de « si », de « quand » , au nom de ce qui « devrait être », « aurait pu être », « pourrait éventuellement être », et nos pensées vagabondent dans le passé ou le futur. Il est bien rare que nous soyons vraiment  » ici et maintenant  » – alors même que nous ne pouvons en fait être ailleurs qu’ici et à un autre moment que maintenant ». 

Quoi que notre mental prétende, nous sommes là où sont nos pieds. Même lorsque nous pensons au passé ou au futur, c’est toujours maintenant. Passé, futur, ailleurs, n’existent qu’en tant que pensées surgissant ici et maintenant.

 Lâcher prise signifie réaliser que nous ne pouvons changer ni les événements ni les autres et que nous pouvons seulement changer notre façon de les percevoir. Nous nous donnons alors une chance de vivre moins de stress.

Il est essentiel, dans chaque situation, de faire la différence entre ce que nous pouvons contrôler, ce que nous pouvons influencer et ce que nous ne pouvons ni contrôler, ni influencer. Faire une distinction entre les trois est sans doute une première étape dans le lâcher prise. 

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Le lâcher-prise est parfois confondu avec le désengagement de la personne devant une situation, mais lâcher-prise n’est pas synonyme de négation de l’individualité.

Lâcher prise sur une rancœur, une peur, une émotion négative, revient souvent à détourner son regard de la difficulté… sans pour autant la fuir. 

 Il ne s’agit pas de laisser faire les choses sans jamais s’impliquer. Il s’agit au contraire de laisser faire les choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.

Est-ce à dire que lâcher prise implique de renoncer à nos buts, à nos objectifs ? Pas nécessairement. Lâcher prise peut être parfaitement compatible avec l’action, mais impliquer parfois une action différente ou différée.

Penser de façon obsessionnelle à un problème est la plupart du temps complètement inefficace et ne le règle surtout pas. On appelle cela de la résistance. A l’inverse, s’en détacher provisoirement peut permettre à notre cerveau de faire émerger certaines solutions inédites. Originalité et créativité ont ainsi toute latitude pour se développer.

 9de0616002775cb9bdd542b115a1c602.jpgAinsi, le lâcher-prise est souvent le contraire du contrôle. Le stress ou les émotions perturbatrices –colère, jalousie, ressentiment –viennent souvent d’un besoin de contrôler à tout prix les choses, les événements ou même les autres.

Sans en être conscient, nous avons souvent peur de perdrez le contrôle. Nous craignons que les autres soient plus forts, avons peur de nous tromper. Nous avons peur de ne pas être compétent ou adapté, peur de manquer de quelque chose. Et ainsi nous cherchons à contrôler l’incontrôlable. l’opinion des autres ou notre  apparence, nos amis, collègues, notre conjoint ou nos enfants, un résultat…

Cette recherche de contrôle révèle un sentiment d’insécurité… qui nous empêche de lâcher prise.

 

Pourquoi lâcher prise ?

 pourquoi lâcher prise

  • Prendre de la distance par rapport à ce qui nous fait souffrir, c’est cesser de lutter contre ce qui est inéluctable, cesser de vouloir tout contrôler, son existence comme celle des autres.
  • Retrouver plus de calme, plus de sérénité
  • Apprendre à gérer plus facilement nos émotions : peur, stress, angoisse, nervosité, fatigue, colère, jalousie…
  • Limiter les maladies psychosomatiques qui surgissent de nos émotions perturbatrices.

 

  • Faire le deuil de certains événements passés que nous ne pouvons pas changer en acceptant les erreurs passées et en tirant les leçons nécessaires de nos actes, sans nous appesantir en regrets, remords, ou récriminations.

 

Comment Lâcher prise ?

 comment lâcher prise

Lâcher-prise ne se décrète pas. C’est le résultat d’un processus au cours duquel nous allons devoir prendre conscience de ce qui vous retient, accepter, guérir, faire confiance et enfin agir. 

Prendre conscience de nos émotions face à ce qui ce produit et pouvoir les exprimer sont une importante étape.

Réaliser l’absurdité de souhaiter contrôler ce que nous ne pouvons pas changer ou influencer.

Intégrer toute la perte d’énergie et de bien-être que représentent le perfectionnisme et l’acharnement.

Accepter de faire le deuil de quelque chose auquel nous tenons.

 

Identifier la source de nos souffrances

rope-2322853_640.jpgMais pour opérer ce changement, il faut commencer par identifier et être capable de nommer la source de notre souffrance, d’exprimer pourquoi nous avons besoin de changement et pourquoi cela nous fait souffrir.

La cause identifiée, il nous sera plus facile d’avoir un regard lucide sur notre propre comportement et de mieux comprendre nos émotions.

Cette première étape est difficile. Elle demande de regarder la vérité en face, d’accepter d’effectuer une analyse objective de la situation, même si le résultat obtenu n’est pas celui que nous souhaiterions. Tricher, se voiler la face, lors cette première étape va compromettre tout le reste du processus de changement qui doit s’opérer.

N’oublions pas de poser un regard sur les émotions qui nous traversent en ce moment. L’angoisse, le stress, la tristesse, la colère… D’où viennent ces états d’esprit négatifs ? De la situation en elle-même, ou du fait que nous nous y accrochons de toutes nos forces ?

 

Accepter

Là où les sources de nos souffrances sont identifiées, il va nous falloir accepter le fait d’être partie prenante dans la situation et ne plus nous placer uniquement dans le rôle de la victime subissant une force extérieure.

Il faut reconnaître qu’il existe d’autres façons de voir, d’autres façons de penser, d’autres visions, d’autres comportements… et les accepter comme autant de chances de découvrir de nouveaux horizons.

Accepter, c’est s’ouvrir aux autres et sans ces « autres », il ne vous sera pas possible d’aller plus loin dans la démarche.

 

Faire le Deuil

wall-fox-1528078_640.jpgAccepter que ce que nous avons connu dans le passé ne sera plus là, ne reviendra plus. Pour comprendre pourquoi nous avons autant de difficulté à lâcher prise dans certaines situations, nous devons donc nous poser cette première question: de quoi dois-je faire le deuil?

Notre confort, nos habitudes, de comportements, notre identité professionnelle, la reconnaissance, notre sécurité, notre image, nos rapports sociaux, l’organisation de notre temps, l’avenir que nous imaginions… ? 

Lâcher prise peut également impliquer de faire le deuil d’une croyance ou d’une règle, ces « Il faut » et « Je dois » que nous avons appris, avec lesquels nous nous sommes construits : « je dois être parfait », « il faut que je sois le (la) meilleur(e) », « je ne peux compter que sur moi-même »…

 laisser-aller-300x300D’autre fois, c’est du résultat qu’il faut faire le deuil, puisqu’il n’est pas entièrement sous notre contrôle. Dès lors que nous avons fait de notre mieux, nous ne pouvons pas faire plus…

 Enfin, faire le deuil de son passé, des épreuves, des problèmes. La passé n’est plus. Nous ne pouvons le changer et le ressasser inlassablement empêche de profiter du moment présent.

en savoir plus sur le processus de deuil

 

Guérir

La guérison commence par un acte aussi difficile que la prise de conscience objective : le pardon.

Que dire de plus, tout est là : pardonner l’autre, c’est aussi se pardonner, ne plus céder aux ressentiments, se séparer de ce qui fait souffrir et avancer. Il faut laisser ce qui appartient au passé.

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Guérir de ses souffrances passe également par l’acceptation d’un changement dans ses attentes, ne plus faire supporter aux autres ce que nous exigeons de nous même.

Admettre que nous n’avons pas de prise, et que nous attacher, nous angoisser ne fait qu’accentuer notre souffrance. Nous autoriser à laisser partir, s’en remettre à l’inconnu, abandonner ce qui « aurait pu être » pour regarder ce qui est, et trouver le moyen d’en tirer du positif pour continuer à vivre.

 

Faire confiance

Se faire confiance est le meilleur moyen de reprendre confiance en soi, de reprendre notre place, de nous affirmer. 

Il nous faudra également réapprendre à faire confiance aux autres, à tous ceux que nous avons acceptés comme à ceux à qui nous avons pardonné. Confiance et bienveillance sont deux éléments importants de cette nouvelle relation aux autres et à nous-même que nous construisons.

 

Vivre le moment présent

rock-1110705_640Apprendre à vivre le moment présent est une bonne méthode pour tous ceux qui vivent dans le passé et les regrets ou qui se projettent trop dans l’avenir et les buts à réaliser.

L’instant présent ne laisse pas de place aux pensées parasites, qu’elles concernent le passé, l’avenir, les problèmes, les faux buts et les mauvais moyens.

L’ici et maintenant libère, permet de décrocher et d’être sensible aux alternatives. Trouvons un moyen qui nous permette d’être dans le moment présent. Pourquoi ne pas nous mettre à la photographie, à la marche, à l’observation des oiseaux ou des papillons, à la poterie ou au jardinage…

Nous pouvons également avoir recours à la relaxation, le yoga, la méditation

Nous centrer sur notre respiration quand l’obsession du problème réapparaît : imaginer qu’à chaque expiration on repousse la colère, la tristesse, les sentiments négatifs ; et qu’à chaque inspiration on inhale la confiance, la joie, la gratitude.

 

 

Quelques questions pour nous aider à lâcher-prise 

 

Je me sens mal. Comment ? Pourquoi ?

Est-ce que je peux faire quelque chose de plus ?

Ceci est-il vraiment important ?

Cela est-il vraiment urgent ? Que se passera-t-il si je ne le fais pas maintenant ?

Cette situation vaut-elle la peine que je me mette dans un tel état ?

Est-ce que le fait que je m’angoisse / que je sois en colère / triste peut changer quelque chose à cette situation ?

Que puis-je faire, qui me fait plaisir, pour me recentrer sur le présent ?

 

lâcher prise

 

Le lâcher prise est un exercice difficile, il demande de la patience et de l’entrainement.

Commencez petit, ne mettez pas la barre trop haut, laissez vous guider,

faites vous accompagner.

  lâcher prise

 

Claire DEBATISSE – Auteure du livre : Lâcher prise – le voyage intérieur

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