Accompagner le changement

La nature change d’aspect au fil des mois. Nos goûts, nos jugements évoluent, se nuancent, s’adaptent à nos expériences. Le changement est inscrit dans nos gènes : Chaque jour de notre vie, nous sommes une nouvelle personne et notre apparence physique se modifie au fil du temps. Le changement fait donc partie des choses naturelles.

Pourtant, le changement suscite pour chacun de nous des réactions différentes, allant de l’espoir à la peur. Pour certains, c’est un saut dans l’inconnu, une perte de repères. Et c’est vrai, un changement apporte parfois des surprises désagréables et de déceptions.

Très souvent donc désir et résistances aux changement se mêlent dans l’esprit des personnes qui me demandent conseil.

vielles habitudes

#Le plus difficile est de lâcher ce que l’on connaît déjà

Les changements sont souvent difficiles à vivre. Même lorsque les gains potentiels font consensus, nous identifions plus facilement les pertes qu’entrainera le changement que les gains. Freud disait que : « Les patients tiennent souvent plus à leur névrose qu’à eux-mêmes. ». Parfois, notre souffrance est ce qui nous tient le mieux compagnie…

 

Le principe d’homéostasie :

En biologie, l’homéostasie désigne l’équilibre des humeurs internes pour préserver l’équilibre vital et maintenir l’humain en vie. Il s’agit de stabiliser, de régler (chez les organismes vivants) certaines caractéristiques physiologiques pour atteindre et assurer un équilibre indispensable. C’est un équilibre dynamique, obtenu grâce à des changements constants pour maintenir le résultat de tout l’ensemble.

En psychologie, on parle d’homéostasie lorsque la personne a atteint l’équilibre entre les besoins et leur satisfaction. Lorsque les besoins ne sont pas satisfaits, un déséquilibre intérieur survient. La personne cherche alors à rétablir un équilibre et ses comportements sont dicté par cette seule recherche. Tout changement vient bouleverser notre équilibre interne.

Ainsi, lorsque nous souffrons, nous mettons en place un certain nombre de comportements qui nous permettent de vivre malgré tout. Nous nous habituons à composer avec cette souffrance. Nous instaurons de nouveaux rituels, endossons un nouveau rôle, intégrons cette donnée…

Mais lorsque nous cherchons à ôter cette souffrance, que se passe-t-il ? De nouveau, nous déséquilibrons l’ensemble. Et plus nous sommes installés « confortablement » dans nos difficultés – plus nous avons mis en place de stratégies pour les intégrer à notre système – plus il va être complexe de faire bouger les habitudes.

Cette recherche d’équilibre peut alors entrainer soit des résistances, soit de nouvelles stratégies d’adaptation.

résistance au changement

Les formes les plus souvent observées de résistance :

L’inertie et la procrastination : la résistance est « non-dite ».

L’argumentation : les échanges sans fin, l’exigence d’avoir toujours plus d’explications.

La révolte : on agit pour ne pas changer.

  Le sabotage : on essaie de démontrer à quel point l’idée est absurde.

 

#Accompagner le changement

Pour que la deuxième option puisse émerger (les stratégies d’adaptation), il est indispensable que la personne soit en confiance. Un changement doit donc être accompagné plutôt qu’imposé.

Un changement imposé peut être source de stress et de peur. Cette manière de concevoir le changement l’associe par ailleurs à des valeurs négatives : ce que l’on m’impose sans me consulter me déplaira d’emblée – même s’il apporte une valeur ajoutée. Enfin, si le changement n’est pas accompagné, il risque de perdre la personne en route.

A l’inverse, un changement accompagné permet à la personne d’y associer des valeurs positives. Cet accompagnement doit s’appuyer sur l’écoute, le partage, la confiance et la bienveillance.

Il doit permettre à la personne de faire le deuil de ce qu’elle perd, de se projeter dans les avantages que lui apporteront le changement. Il doit l’aider à modifier progressivement ses habitudes, car ce sont les petites habitudes qui construisent notre routine. Enfin, il est essentiel de laisser faire le temps.

 

le temps du changement

#Il n’est pas besoin de tout changer pour être heureux, mais le bonheur change tout !

Je ne suis pas partisane du principe selon lequel il faut tout laisser derrière soi pour aller mieux. Je crois fondamentalement que le changement doit s’effectuer surtout et avant tout à l’intérieur de soi. Ensuite pourront se poser les questions plus « techniques » de ce qui doit être transformé dans l’organisation quotidienne.

Certaines personnes que j’accompagne ont longuement attendu pour décider qu’elles avaient besoin d’aide. Simplement parce qu’elle avait peur de devoir quitter mari, job et enfants pour atteindre le bonheur. Parfois cette conclusion finit par s’imposer. Mais souvent ce n’est pas le cas. Quitter son conjoint sans chercher à comprendre comment on en est arrivé là n’a que peu d’efficacité. Démissionner parce que nous vivons un burnout sans changer fondamentalement notre relation au travail, sans interroger notre perfectionnisme ou nos relations aux autres, pourquoi pas ? Cela nous apaisera un temps. Mais que se passera-t-il dans notre prochain poste ?

Changer sa vision de soi et du monde qui nous entoure, sa manière d’appréhender les choses, se défaire de ses vieilles rancœurs, lâcher prise ou rendre à l’autre ce qui ne nous appartient pas… C’est selon moi ici que se situe le changement le plus fondamental. Ce n’est pas le plus simple. Ce n’est pas le plus rapide. Mais c’est sans conteste le plus durable et efficace.

 

Et vous ? Vous le percevez comment, ce changement ?

 

–> Envie de changement ? Laissez-vous guider !